Difficile de passer à côté du « phénomène littéraire » du moment.
Avec plus d’un million d’exemplaires vendus à travers le monde, Charlotte Roche débarque à présent en France et fait couler beaucoup d’encres.
Pour un voyage en Zones Humides, embarquement immédiat…
Le marketing littéraire semble se réveiller et ce n’est pas pour me déplaire.
Alors lorsque Panda m’a proposé de découvrir « Zones humides » et le blog associé à la version française du best seller allemand, j’ai dit oui sans hésiter.
Sans hésiter mais plutôt poussée par la curiosité envers le phénomène et les polémiques engendrées que par une affinité profonde avec l’ouvrage.
Je me suis donc penchée sur le cas de ce livre controversé et voici ce que j’en ai ressorti :
Le trash est un style difficile à manier. Pour moi son emploi n’est justifié que lorsqu’il est porté par une véritable histoire, lorsqu’il se fait la toile de fond stylistique d’un récit qui se doit de choquer, pour interpeller, accompagner et mieux marquer les esprits. Pour prendre sens il se doit d’être brillant, car sans véritable trame gare au risque de tomber dans le voyeurisme malsain ou la provocation gratuite.
Ici j’ai longtemps cherché le pourquoi du comment. De pages en pages je me disais que l’histoire allait bien finir par prendre davantage de relief, qu’elle allait s’imposer. Mais ce moment n’est jamais arrivé.
J’ai lu des trucs sales, des trucs gores qui m’ont fait sourire ou pousser des « bah » des « beuh » et des « beurks » mais qu’en ai-je retiré ?
Malheureusement pas suffisamment.
Alors bien sûr il y a le contexte parental, le divorce mal accepté, l’instabilité d’un foyer, l’adolescence survolée, les problématiques d’adultes trop vite abordées par une héroïne attachante et paumée, mais tout cela reste anecdotique face à l’avalanche de détails provoquants.
Le fond noyé sous la forme laisse un gout d’inachevé. Dénoncer les travers d’une société hygéniste pourquoi pas, traiter sous un nouvel angle les difficultés de l’adolescence et des foyers recomposés d’accord, mais un peu plus de nuance n’aurait pas été pour me déplaire.
Au final Charlotte Roche a le mérite de signer un premier roman polémique et atypique, espérons qu’il ne soit qu’une esquisse vers un travail plus achevé et un second ouvrage plus engagé où la forme accompagnera le fond sans trop le cannibaliser…
Commentaires
aZZed, le 16 mars 2009
Greg, le 16 mars 2009
Myrtille, le 16 mars 2009
Guillaume, le 16 mars 2009
Myrtille, le 16 mars 2009
Guillaume, le 16 mars 2009
Davidous, le 16 mars 2009
Myrtille, le 16 mars 2009
Denver, le 17 mars 2009
Myrtille, le 18 mars 2009