Je ne sais pas si vous l’avez noté vous aussi mais en ce moment la mode est aux héros.
Dépassant les frontières du simple « super héros », la figure emblématique est partout, de l’adolescent méché stéréotypé au méga guerrier en passant par le chien de dessin animé.
En ces temps difficiles, à chacun sa figure de proue, à chacun son exercice de style.
Le phénomène n’est pas récent, l’humain a toujours eu besoin de s’identifier, de s’élever, de se stimuler pour avancer et continuer à espérer. Le « héros » nom donné dans l’antiquité aux personnes d’un courage et d’un mérite supérieur, transcende le quotidien et se fait véritable allégorie de la vie. Différence, rejet, mutation, acceptation, quête et victoire progressive, au final notre personnage ne fait qu’accomplir le quotidien de chacun. Ok sa manière de le faire est un peu plus vendeuse mais sauver la veuve et l’orphelin ou se sauver de ce que l’on est, de ce que l’on devient sont des combats tout aussi rudes et incertains.
Les plus que parfaits nous aident à y croire, à voir tout en moins noir et cette mythologie, j’en ai besoin moi aussi.
Mais en ce moment et si j’écris ce poste c’est parce que je déplore la disparition progressive et massive du héros quotidien, celui qui rendait abordable les défis de nos matinées et de nos soirées.
Où sont les actes désintéressés, où sont les prises de conscience, les gestes gratuits, civiques, trop atypiques ? Pourquoi l’indifférence se fait-elle banale et prépondérante ? J’observe, je scrute, j’analyse et de moins en moins je positivise.
Les petits riens qui me font sourire deviennent de plus en plus rares et à la place, parfois, j’ai juste envie de prendre le large en espérant qu’ailleurs l’indifférence se la joue basse fréquence.
Plus de compréhension silencieuse, plus de partage ou de jugement qui ne juge pas.
Aseptisés nous passons à côté de tout, partout. Les conventions et les peurs nous submergent sans cesse et nous ne cherchons même plus à lutter. Alors moi j’ai décidé de ne pas m’avouer vaincue et de mener l’air de rien mes combats quotidiens. Ce constat, cette prise de décision, ce post, tout me vient de ce qui s’est passé cet après midi au ciné. Une séance, une salle pleine à craquer et pourtant une rangée vide au centre… Je propose que l’on s’y installe, je tourne la tête je tombe sur ma voisine, je comprends et j’ai envie de vomir ou de pleurer. Ma voisine c’était juste une petite jeune fille malade qui avait envie elle aussi de voir son héros gominé sur écran géant. Sauf que ce moment de plaisir tout le monde a dû proprement lui gâcher en évitant soigneusement sa rangée. Non mais sans rire les gens, tout n’est pas contagieux, tout n’est pas dangereux, la différence fait l’apprentissage, la richesse, la complexité, on ne vous l’a pas appris lors de vos jeunes années ?
Alors voilà peut-être vous ferais-je sourire avec mes considérations dégoulinantes de bons sentiments mais peut-être aussi aurez-vous envie de vous faire un peu violence pour moins regarder glisser sur vous les combats quotidiens.
Etre humain tout en restant humain est déjà une mission à temps plein. Alors laissons les super pouvoirs à l’imaginaire, à l’écran, à la page mais tâchons tout de même de les projeter parfois à notre échelle afin de rendre à la société sa définition première (societās (« union, association »), socĭus (« compagnon, camarade »).
Sur ce je referme la parenthèse et vais me coucher les crustacés !
Commentaires
Coralie, le 28 avril 2009
davidous, le 28 avril 2009
scalino, le 28 avril 2009
Myrtille, le 28 avril 2009
Guillaume, le 28 avril 2009
Myrtille, le 28 avril 2009
Gonzague, le 28 avril 2009
Myrtille, le 28 avril 2009
Stéphane, le 28 avril 2009
davidous, le 28 avril 2009
Myrtille, le 30 avril 2009
Stéphane, le 30 avril 2009
davidous, le 2 mai 2009