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A vous les studios

21 mai 2010

Les Parapluies de Cherbourg, Jacques Demy. Palme d’Or au Festival de Cannes en 1964.

Puisque je pars en week end et que l’inspiration me manque, c’est entre les mains averties du croustidoc que je vous laisse…

La croisette sous les parapluies, l’image est devenue habituelle. C’est ainsi qu’a démarré cet énième festival de Cannes. Et comme chaque année, on retrouve les mêmes ingrédients : l’omniprésence de Canal+, un blockbuster US pour ouvrir la quinzaine, des intellos qui se pâment de glam et des bimbos qui se croient devenues intellos.

Cannes n’est pas Paris. Cannes n’est pas Hollywood non plus. Ce n’est qu’une grande valse schizophrène, un entre-deux, une sorte de no man’s land où des réalisateurs de films d’auteur sont capables d’aller festoyer chez Jean Roch et où les pipoles essaient vainement de nous faire croire qu’ils sont venus au nom de l’art.

Comme à chaque édition, la programmation est prestigieuse… pourtant, comme chaque année, ce sont les stars que l’on admire monter le tapis rouge, y compris celles qui n’ont rien à faire là. Pour tout vous dire, il était même question que l’équipe de football de l’Olympique de Marseille viennent monter les célèbres marches.

Gesticulation médiatique, promotions, photos et paparazzi, c’est le quotidien. A posteriori, la quinzaine ne retiendra que la palme d’or, et peut-être le prix du jury. On placardera le palmarès sur l’affiche du film élu. Hormis les professionnels, tout le monde oubliera la sélection un autre regard, comme tout le monde oublie que Cannes est aussi un marché. Producteurs et publicitaires ne s’y trompent pas et sont sur le pied de guerre… quand ils ne sont pas fourrés entre quelques lignes de poudreuse dans une villa de l’arrière pays où le champagne coule à flot.

Finalement Cannes c’est un peu le pire du parisianisme. Beaucoup de bruit pour rien. Le festival : il faut y être et y être pour être vu. Heureusement, le jury, totalement isolé, couronne le plus souvent des oeuvres majeures du cinéma. C’est sans doute pour ça qu’on excuse les 2 semaines qui précèdent la cérémonie de clôture.

Cette année à Cannes, on n’a pas vu Jean-Luc Godard. En revanche, Paris Hilton était bien là pour faire son cinéma. Celui que l’on n’aime pas. Mais normalement, dimanche soir, on ne s’en souviendra pas.


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