Troublante petite première semaine de Mars : météo aux accents printaniers pour la commencer et Sud de la France enneigé pour la terminer. Rien ne va plus, c’est le monde à l’envers. Mais on le sait depuis bien longtemps l’homme n’a pas d’emprise sur le temps hormis quelques vains dérèglements, la nature reprend ses droits, l’autorité du genre humain ne s’impose pas aussi facilement.
Autorité quel mot intéressant à étudier en ce 8 mars, journée de la femme… Autorité, mot intriguant lorsque l’on connait l’expérience de Milgram. Vous avez de la chance, j’aurais pu écrire sur l’économie avec les assureurs qui vont devoir claquer 1,2 milliards d’euros pour rembourser les dégâts causés par Xynthia (cf. l’édito de la semaine dernière). J’aurais pu écrire sur l’économie avec le décès de Jacques Marseille, celui qui portait le même nom que l’équipe de football qui a étrillé le Paris-Saint-Germain dimanche dernier, défaite provoquant moults incidents autour du stade. Ajoutons à cela l’avenir du millions de chômeurs qui seront en fin de droits cette année et le référendum Islandais qui a vu ce peuple insulaire refuser le remboursement de la dette de la banque IceSave renflouée par des capitaux anglais et hollandais. J’avais tout ce qu’il fallait pour écrire sur l’économie… sauf l’envie.
Revenons-en donc à l’autorité car il en est finalement question. Je faisais référence le paragraphe précédent à l’expérience de Stanley Milgram. C’est précisément cette expérience qui est mise en scène dans le film « I comme Icare » d’Henri Verneuil avec Yves Montand. L’étude entreprise par Milgram consistait à démontrer la capacité d’obéissance d’un individu face à la représentation d’une autorité (incarnée par un scientifique en l’espèce), obéissance pouvant même aller jusqu’à mette en danger la vie d’autrui. Dans quelques jours, France Télévisions diffusera un jeu télévisé suivi d’un débat reprenant le principe de cette expérience. Cette fois l’autorité ne sera pas incarnée par un docteur ou un scientifique mais par une animatrice de télévision (sic). À chacun de se faire son idée sur le pouvoir de la petite lucarne.
Plus j’écris et plus je me dis que je ne peux mettre de côté l’économie… et oui ! Les états aujourd’hui sont soumis à un seul système économique global. Ces mêmes états sont la représentation des peuples qui les habitent. Or, cette semaine, en rejetant le remboursement de la dette Islandaise, les compatriotes de Björk et Sigur Ros, ont fait un joli bras d’honneur à l’Europe, jugeant qu’en tant qu’individus ils ne sont pas responsables de la faillite d’un système et des risque encourus par la spéculation boursière. Cette économie qui semblait nous diriger, ne serait peut être plus l’autorité qu’elle a été pendant les dernières décennies. La crise est passée par là, un peuple entier peut aujourd’hui lui désobéir.
En France aussi, nous avons eu notre petite phase de rébellion en refusant massivement la vaccination contre le virus H1N1, menant ainsi au fiasco total la campagne organisée par le gouvernement et qui fait l’objet aujourd’hui d’une enquête parlementaire. On ne peut prescrire n’importe quoi à un peuple par la politique… ou alors cela doit passer par la télévision, objet encore propice à notre soumission.
Il arrive même parfois que le pouvoir politique baisse les bras et ne parvienne même plus à imposer son autorité. C’est le cas du ministère des sports qui réclame corps et âmes aux dirigeants du club de football de la capitale de régler et gérer les cas de violence de ses supporters… violence pourtant perpétrées sur la voie publique et non à l’intérieur du stade. Pas étonnant que nous ne voulions plus obéir quand ceux qui nous dirigent nous montrent leur incapacité à faire preuve d’autorité et ne se contentent que de « prescrire » ce qu’il faudrait faire.
Prescription, il en est bien question avec la Fashion Week qui se tient cette semaine à Paris. Oui je passe du coq à l’âne, mais après avoir cité le football en exemple, il faut bien que je pense un peu aux femmes. Quelles seront les tendances, comment les femmes devront-elles s’habiller. Ce sont les journalistes du micro-monde de la mode qui en décideront, Anna Wintour en tête. Il faut dire qu’en matière d’audace vestimentaire, les victoires de la musique, samedi soir, n’ont fait que prouver qu’une discipline devait s’imposer. Quel choc esthétique ! La robe Flamenco d’Olivia Ruiz, le style hippie-celte d’Emilie Loizeau mais surtout Sliimy qui singe Prince, M avec sa coupe de cheveux Batman et Captain Flower Power (quand Obispo imite Chris Martin) heureusement absent de la cérémonie.
Cette Fashion Week me renvoie aussi à une affiche que j’ai vue dans le métro, signée Amnesty International, qui met en scène une femme semblant défiler sur un podium complètement blessée, laminée par les coups d’un homme, rappelant ainsi l’autorité qui existe encore à l’intérieur des foyers. L’autorité des faibles, celle qui s’exprime dans le rapport de force, par la violence et la peur. L’autorité qu’une société civilisée devrait refuser, celle contre laquelle il est indispensable de lutter. Nous sommes face à la confusion entre autorité et autoritarisme. Tout n’est que sémantique et c’est pour ça que c’est essentiel, l’autoritarisme est l’arme du plus fort, l’homme en l’occurrence. C’est lui que l’on devrait qualifier de sexe faible finalement, n’êtes-vous pas d’accord ?
Bonne journée.
Commentaires
friand croustillant, le 8 mars 2010
Davidous, le 10 mars 2010
Le père, le 11 mars 2010
Crousti Writer, le 11 mars 2010
Myrtille, le 19 mars 2010