La pluie exerce sur moi une certaine fascination.
J’aime l’entendre sur le velux et la regarder tomber lorsqu’il me parait plus simple de rester éveillée.
J’aime marcher dans les rues lorsqu’elle fait pester les passants et briller les pavés.
J’aime déjouer les flaques, me baigner sous l’orage, l’odeur que donne l’averse aux rues chaudes, la rosée matinale entre les doigts de pieds.
J’aime la pluie pour ce qu’elle représente, un mouvement continu, un instant inattendu, une fraicheur nous sortant de la torpeur.
J’aime les gouttelettes se baladant rarement seules et leurs cousines les larmes.
J’aime que les unes comme les autres soient passagères, lourdes de sens et pourtant si légères.
J’aime leur transparence et leur complexité, j’aime leurs interprétations multiples et leur simple vérité.
Si je n’étais pas un courant d’air je serais une goutte (d’iris ou de pluie, selon l’envie).
Et si j’étais le livre du moment je serais Cosmicomics, là où tout commence et tout finit. La maitrise d’un style, le détournement des mythes, la nouvelle à thématique filée et personnages croisés. Le « il était une fois la vie » d’un italien à la plume affutée .
Cela fait maintenant un moment que les italiens sont l’objet de mon affection littéraire, la maîtrise de l’imaginaire, de l’histoire détournée, du quotidien conté, des époques retravaillées et plus que tout, les mots triés sur le volet.
Les italiens sont comme les gouttes, d’une rafraichissante profondeur.