L’écrit n’a jamais été pour moi la dénonciation d’un réel insatisfaisant. Précisément car l’insastisfaction est bien souvent l’essence de la création.
Pourquoi chercher à fustiger ce qui permet aux mots de continuer à s’enchainer ?
Non pour moi l’écrit a toujours été le moyen de fixer un moment, un ressenti, une intuition et d’en tirer les fils, pas à pas.
L’écrit a toujours été instinctif, rapide, addictif, sans ratures. Vous esquissez le début d’une pensée sur le papier et les mots prennent le dessus, ils vous entrainent là où vous ne songiez pas même aller.
Le chemin est long mais sur la route les indices sont multiples. Famille, amis, amours, musique, expositions, romans, dans chacune de mes quêtes se trouve le même besoin.
Se rattacher à la réalité, à l’humain, pour en tirer la racine, le pourquoi et l’exposer sous un autre angle.
Quoi de plus satisfaisant que d’allumer un regard, une interrogation ? Quoi de plus stimulant que de tomber par hasard sur une oeuvre éclairant votre compréhension, fixant certaines de vos intuitions ?
La frustration de ne pas avoir été à l’origine des mots et l’insatisfaction face au trop peu jusqu’ici accompli, sont les meilleurs moteurs, même si par des phases complexes et des chemins sinueux il faut en passer.
Être, paraitre, lire, décrire, toucher du doigt la perception.
Engeland m’a absorbée, perdue, trouvée.
Merci Pierre Cendors.