Contrairement à ce que le titre pourrait laissé entendre, non chageek ce post ne t’est malheureusement pas dédié… (oui bon bah ça va il fallait bien la faire sinon vous vous en seriez chargé à ma place).

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Aujourd’hui abordons ensemble la vaste question de la comparaison entre blogueurs et gonzo journalistes.
Je tiens avant tout à souligner la forte subjectivité de cet article et sa non exhaustivité.
Le sujet est tellement vaste et complexe qu’il mériterait une thèse, alors je vais me contenter d’ouvrir des pistes de réflexion, tout simplement parce que ce thème m’intéresse et que je souhaitais partager cette micro analyse avec vous.

Tout d’abord je crois qu’un petit retour sur la définition du courant “gonzo” s’impose. Le gonzo journalisme a été popularisé par Hunter S Thompson (mais si vous savez, monsieur Las Vegas Parano).
Cette méthode d’investigation repose avant tout sur l’ultra subjectivité.
Hunter S thompson part du principe que “l’objectivité est une illusion”.
Ainsi ses articles reposent sur l’immersion dans le milieu à décrypter, le “je” y est prépondérant et au travers du regard de l’auteur et de ses péripéties le lecteur devra faire transparaître une image vraisemblable de la réalité.
Le gonzo, par sa liberté de ton et le traitement atypique et personnel de l’information, force le lecteur à être critique et forme son oeil à un nouvel angle.
Au final cela donne un traitement alternatif de l’information offrant une place clef au lecteur dans l’analyse.

Après de telles explications le parallèle avec la blogosphère peut être établi assez aisément.
Ce que l’on apprécie de la blogosphère n’est il pas sa liberté de ton et le traitement personnalisé de l’information ?
Ce que l’on aime chez un blogueur, c’est sa patte, son regard et la manière dont il sélectionne et analyse les faits au travers de son vécu et de ses découvertes quotidiennes.
Le blogueur se fait investigateur, il part sans cesse à la recherche d’expériences et de connaissances nouvelles à faire partager à son lectora
t. Ou du moins c’est ce qu’il est censé faire…
La blogosphère s’agrandit de jours en jours, à chacun ses domaines de compétences, ses envies, ses attentes et sa vision du blog et de ses usages.

Ainsi le parallèle avec le gonzo ne pourra être fait que pour une cible très restreinte de blogs d’investigation, de recommandation et d’analyse. Certains blogs se font de plus en plus vitrines personnelles au détriment du lecteur et de l’intérêt de chacun à découvrir et apprendre des articles exposés.
Cependant dans un microcosme si vaste il devient complexe d’établir des généralités.
Alors que le gonzo s’attachait à garder une écriture directe, et prônait la non relecture, les blogueurs se professionnalisent de plus en plus et professionnalisation ou non rares sont ceux dont le style s’exprime encore en un jet, exercice complexe auquel je ne saurais moi même me plier.

Au final, j’aime à penser que les blogueurs pourraient s’inscrire dans la digne lignée des gonzo journalistes mais après analyse je pense que ces deux mondes n’ont pas tant en commun.
Force est d’admettre que le gonzo, bien qu’il semble se baser sur une spontanéité et un traitement de l’info proche de celui des blogueurs, requiert un talent pour l’écriture “automatique” et une immersion prolongée dans les univers traités.
Et puis le gonzo s’accompagnait de toute une philosophie, ses auteurs prônaient la prise de drogues en tout genre ils étaient extrêmes, rock & roll et passionnés.

Un parallèle équivoque, à débattre et à penser, c’est pourquoi je vais m’empresser de creuser le sujet.

Si vous voulez en faire autant je vous invite à vous pencher sur les articles de Thompson mais aussi ceux de Lester Bangs ou bien encore de Tim Jones.

Bonne soirée et bon anniversaire à la chagass junior puisque je sais qu’elle passe par là de temps en temps…